11 mai 2007

Les pluies sont de retour

Ca y est, les pluies sont de retour. Enfin entre savoir si c'est une bonne chose ou pas, mon coeur balance. Je m'explique. D'un point de vue purement personnel les avis sont déjà partagés, en effet quand il pleut, je dois dire que j'apprécie car la température baisse franchement et que généralement cela veut dire qu'il fera frais pendant la nuit et qu'on pourra bien dormir. Par contre si l'on est sorti c'est une autre paire de manches vu que d'une part quitter son abris quand il pleut revient à délibérément se verser un seau d'eau sur la tête... et que d'autre part une partie des routes deviennent impraticables pendant quelques heures, le temps que l'eau s'évacue. Enfin reste l'angoisse du retour du soleil et le la chaleur du lendemain qui ne manquera pas de faire regrimper en flèche le thermomètre et portera le niveau d'humidité à un niveau important à cause de l'évaporation rendant les jours suivants étouffants et faisant transpirer tout le monde à grosses gouttes. Mais bon dans ce cas le carpe diem rend le tout plus supportable.
Pour rassurer les sceptiques je ne suis pas le seul à en souffrir. En effet à 10km de la fondation il y a un mayo (rivière éphémère) qui passe, avec un pont pour les véhicules bas et un radier (passage bétonné à gué) pour les poids lourds. Ce radier à la particularité de se remplir et de se vider de manière extrêmement rapide et soudaine vu qu'il se remplit quand il pleut à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Résultat les camions sont bloqués sur plusieurs centaines de mètres et les transports de voyageurs qui ont des impératifs d'horaires plus importants et qui normalement passent aussi à gué transbordent leurs passagers et bagages à pieds en passant par le pont. Situation cocasse rendue franchement bordélique par les attroupements de badauds profitant de l'animation ponctuelle là où il ne se passe en temps normal jamais rien... Voici quelques photos récentes

medium_DSC00328.JPG


medium_DSC00330.JPG


medium_DSC00327.JPG


Et une petite vidéo de la situation:


Bon pour ce qui est du point de vue de l'intérêt général concernant l'arrivée des pluies début Mai, eh bien les gens soit un peu inquiets je dois dire. En effet l'année dernière les pluies on débutées à peu près à la même période. Résultat une certaine partie des gens on commencé à planter sitôt les premières pluies arrivées. Le problème est que l'année dernière il n'a quasiment pas plu pendant le mois de juin. Les plants de ceux qui avaient plantés en Mai ont séchés et planter en juillet est quasiment trop tard. Ce qui fait que cette année, la crainte est de savoir s'il va pleuvoir correctement en Juin ou bien si nous allons nous retrouver dans la situation de l'année dernière.

26 mars 2007

Lions Indomptables

Samedi dernier avaient lieu les matchs internationaux en Europe, mais aussi les matchs de qualification pour la Coupe d'Afrique des Nations 2008. Comme l'occasion était unique de voir les Lions Indomptables dans leur enceinte de Stade Omnisport Amadou Ahidjo de Yaoundé, je m'y suis rendu avec Olivier (Coopérant à Makak), Benjamin (Acient Coopérant à Salapoumbé dans l'extrême sud-est du pays et récemment transféré à Yaoundé), Raymond ainsi que Dalièle et Guillaume les heureux parents d'un petit Juan Alban. Grosse ambiance en perspective. En effet depuis une semaine on ne parlait que de ce match en ville, d'autant plus que l'idole nationale Eto'o Fils allait jouer.

medium_DSC00307.JPGArrivée à 14h30 au stade, le début du match étant prévu à 16h avec une provision d'eau et de brochettes de boeuf histoire de tenir jusqu'au coup d'envoi. Au moment de l'entrée sur le terrain des Lions pour l'échauffement, l'ambiance est montée d'un cran. Je dois dire que les tribunes on été prises de folie quand il est allé saluer le public. Après le protocole et les hymnes nationaux le match a commencé. Les Lions ont rapidement mené 2-0 devant une équipe du Libéria plutôt laxiste en défense, déclenchant un véritable chaos dans les tribunes. Après cela le rythme du match à franchement baissé du côté camerounais entraînant une flambée de critiques de la part des supporters de la tribune. Avec des scènes exceptionnelles ou tout le monde se prend à partie sur la relative vieillesse de l'équipe, le manque d'un Jean II Makoun dans l'entre jeu et autre tentative d'interpellation d'un joueur depuis la tribune lui indiquant dans des termes assez fleuris qu'il ferait mieux de quitter le terrain. Les libériens ont par la suite repris du poil de la bête et aidés par un fort collectif profitant d'un certain individualisme du côté des lions. Peu avant la mi-temps la marque a été réduite à 2-1, notons que personne dans ma tribune n'a vu le but, car au même moment un vieux blanc de 80 ans faisait son entrée dans la tribune accompagné de deux petites frisant leur majorité. Résultat il est entré sous les remarques encore plus fleuries que celles adressées aux joueurs.
medium_DSC00306.JPGMi-temps sous un soleil de plomb avec un jeune exécutant des jongles exceptionnelles dans le rond central et effectuant un déshabillage-habillage sans laisser tomber la balle au sol. Spectacle gâché par les hôtesses d'Orange essayant de réaliser une chorégraphie bâclée ce qui fait que tout le stade leur demandait de dégager pour qu'on continue à se délecter des jongles du jeune qui n'avait toujours pas laissé tomber le ballon. Les invectives étaient du type "Mais quittez, non! Vous gâchez le spectacle du jeune!" Au temps pour Orange.... Notons qu'il n'a pas laissé tombé la balle pendant 10 minutes en jonglant avec le pied, le tibia, la tête, les épaules et même les fesses! Celui-ci n'a rien a envier à Ronaldinho de ce côté là! Espérons pour lui qu'il y avait des recruteurs dans le stade.
Deuxième mi-temps sur le même rythme que la fin de la première. Ovation pour la sortie d'Eto'o et 3e but pour les Lions marqué peu avant la fin du match. Notons que nôtre petit vieux voulant éviter la cohue de la fin de match a essayé de s'éclipser avant la fin du match, mais la discrétion a raté et il est parti avec ses deux petites sous les insultes et les jets de bouteilles en plastique vides sous le regard goguenard des policiers.
Retour à la maison et fin de journée et de soirée à jouer à la coinche entre coopérants.

09 mars 2007

Back to Yaoundé

Ca y est, je suis de retour à Yaoundé pour quelques semaines. J'ai pu profiter du fait que Danilo décendait en avion pour l'accompagner. Résultat nous sommes partis de la Fondation lundi 5 à 5h30 du matin et à 14h30 j'étais chez Jérôme lui aussi coopérant DCC qui va m'héberger chez lui au collège Vogt pendant mon séjour. La DCC connection fonctionne toujours aussi bien quand il s'agit de se loger! Hier c'était la journée internationnale de la femme. Evenement très suivi ici. Toutes les femmes (enfin presque) se font coudre des vêtements dans les tissus de pagne spécialement imprimés pour l'occasion. Cette année les couleurs sont orange, vert et bordeau tendant sur le violet. Je dois dire que ces trois tissus sont dans des tons diffilement portables par des blanches, mais qui rendent très bien sur une peau aux teintes plus sombres. Je n'ai pas vu grand chose des célébrations puisqu'avec Benjamin (volontaire DCC qui était en poste à Salapoumbé au sud est du pays et qui change de poste et s'installe à Yaoundé) nous avons passé la journée à aménager la petite maison de Jérôme dans laquelle il a emménagé il y a quelques mois, mais qui de part son emploi du temps surchargé (il a 5 ou 6 casquettes différentes au collège) n'avait pas eu le temps de s'installer. Je dois dire que le résultat est assez satisfaisant et apparemment il a beaucoup apprécié la surprise.
medium_DSC00281.JPGPour fêter la jounrée de la femme nous sommes allés diner avec Isabelle (volontaire DCC), Olivier depui peu son mari, un ami à eux, Nathalène (volontaire DCC), Franklin et sa soeur dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom, Bejamin et Jérôme. Au menu viande de brousse, c'est à dire Varan et Chat tigre. Eh bien c'est pas mauvais du tout, même si je dois avouer qu'au moment de passer la commande je n'étais pas si sûr de moi...

medium_DSC00282.JPG

Les toilettes du bar ou nous avons terminé la soirée en jouant au billard n'étaient pas dans un état fantastique... En tout cas la soirée était réussie.

02 mars 2007

Yaoundé

Comme l'année dernière, je pars lundi 5 mars pour passer 2 semaines 1/2 à Yaoundé, histoire de refaire le tour des popotes, résuoudre quelques situations et pourquoi pas essayer de trouver des sous... Toujours est-il que je me connecterai de temps en temps à internet et que je ne serai pas coupé du monde.

Enfin en ligne

Cela faisait un certain temps que je traivaille dessus, avec un certain nombre de partenaires en France. Eh bien c'est enfin prêt, le site internet de la Fondation est enfin en ligne. www.fondation-bethleem.org
Bon il manque encore quelques informations relatives aux dons, mais nou travailons dessus. A ce sujet, si quelqu'un s'y connaît en terme de dons à l'intérieur de l'Union Européenne contactez-moi. En effet la Fondation ne dispose pas d'une association en France qui pourrait recueillir les dons et surtout émettre des reçus acceptés par les impôts pour les déductions. Il y a une association qui le fait en Italie, donc si on peut me dire si un reçu émis en Italie est accepté par les impôts français.

17 janvier 2007

Bonne année 2007 !!!

Eh oui, je suis super à la bourre... Bon pour le coup j'ai une bonne excuse: papa, maman et Xavier sont venu me rendre visite pendant 10 jours, donc je n'ai pas trop eu le temps de mettre à jour mon blog. Alors voilà, c'est fait...

Tous mes voeux pour cette nouvelle année !

Thomas

Article sur la recherche de financements

Il y a quelques mois, la DCC m'a demandé de participer à sa revue VEE (Volontaires en l'Eglise) en rédigeant un article sur mon boulot : la recherche de financements. L'article est paru dans la dernière édition de la revue et le voici en intégralité :

La recherche de financement, mode d’emploi
Thomas Koegler, volontaire au Cameroun


« Qu’est ce qu’on entend par recherche de financements ? » Thomas Koegler aurait eu bien du mal à répondre à cette question il y a un an lorsqu’il a rejoint le Cameroun pour travailler au sein de la Fondation Bethléem. Ce projet tentaculaire de générosité fondé par un missionnaire italien comprend des centres de rééducation, d’insertion, de formation artisanale, une école spécialisée, une infirmerie, un centre pour orphelins, et plein d’autres unités. 90 salariés, un budget de 450000 € : une structure de taille qui a permis à Thomas d’acquérir une expertise.
Comme promis au lecteurs de Volontaires en Eglise, voici l’intégralité du récit de Thomas. Une mine d’infos pour les volontaires en place et pour tous ceux qui s’intéressent aux questions de financements.
Bonne lecture !




La fondation Béthléem
Depuis octobre 2005, je suis en coopération pour la Fondation Bethléem de Mouda. La Fondation Bethléem de Mouda est une œuvre sociale privée reconnue par le ministère des affaires sociales camerounais. Sa mission est de venir en aide aux population rurales en détresse. Derrière cet objectif un peu vague se cachent de nombreuses activités. En effet venir en aide aux personnes en détresse ne se résume pas pour le père Danilo Fenaroli, le fondateur, à choisir un type de personnes en détresse : enfants, handicapés, jeunes, pauvres, mais finalement à essayer d’aider autant de monde que possible avec les moyens du bord. Et croyez-moi, dans la province la plus pauvre et la plus aride du pays, ce n’est pas le travail qui manque. Le père Danilo à donc commencé à petite échelle, au début des années 90, dans sa paroisse de Zouzoui, en recueillant des déficients mentaux et en créant un premier atelier de menuiserie. En 1997 la fondation Bethléem à été crée et s’est installée à Mouda, sur l’axe goudronné Maroua-Garoua, sur un terrain offert par le chef du village. Aujourd’hui la fondation Bethléem c’est : un centre de rééducation et de réinsertion accueillant 150 handicapés chaque année, une infirmerie, une école spécialisée pour les enfants déficients auditifs avec 60 élèves, une école maternelle, un centre d’accueil pour les pensionnaires et les orphelins, une crèche accueillant 25 bébés abandonnés ou orphelins et un centre de formation aux métiers artisanaux formant chaque année 100 jeunes désœuvrés dans la menuiserie la plus performante du grand nord du Cameroun, son atelier de menuiserie métallique/soudure, sont atelier de couture et 5 autres ateliers. Tout ceci représente pas loin de 90 salariés à plein temps et un budget annuel de 140 millions de Francs CFA (215 000 €). Et encore, ceci ne représente que les activités réalisées dans la fondation, mais si l’on ajoute à cela une unité réalisant des forages, la construction de plusieurs écoles chaque année avec la prise en charge d’enseignants dans les villages de brousse et enfin le parrainage d’un millier d’enfants et de jeunes, la fondation brasse pas loin de 450 000 €. On peut donc dire que la Fondation aide et soutient à peu près tous ceux qui sont en détresse.

recherche de financement
Ma mission de coopérant pour la Fondation est comprise dans un terme tout aussi vague qu’est la « recherche de financements ». Je dois ajouter que j’accomplis aussi ma mission de recherche de financements pour trois autres œuvres sociales de plus petite taille, à savoir une école pour les aveugles, un petit orphelinat et un centre d’accueil de jour pour les enfants handicapés mentaux en cours de création.
Reste à savoir par ce qu’on entend par la recherche de financements. Est-ce que cela se résume à monter des dossiers, les présenter et empocher l’argent ? A qui fait-on appel, aux bailleurs internationaux, aux bailleurs présents dans le pays ? Ou bien essaye-t-on de générer localement des revenus. Très honnêtement, en arrivant à mon poste ce sont des questions que je me posais même pas et pour cause je ne connaissais rien au financement du développement et je n’avais encore jamais été impliqué dans une œuvre sociale. Je ne vais pas faire l’historique de la découverte de ma mission et de ce que l’on attend de moi, mais essayer d’expliquer ce que je fais et pourquoi je le fais.
Bon, je ne vais surprendre personne en disant que le but de la recherche de financements c’est de trouver de l’argent. Plus précisément on ne cherche pas de l’argent pour l’argent, mais pour « financer » une activité, un projet, etc. En effet, il est impossible de contacter des bailleurs avec comme seul argumentaire de dire que nous cherchons de l’argent pour aider des personnes en difficulté sans plus de précision. Ceux qui détiennent de l’argent susceptible d’être distribué, reçoivent des sollicitations de toutes parts. Il faut donc se « vendre », argumenter sur le fait que ce que nous faisons est bien et surtout expliquer ce que nous faisons. Il devient alors impossible de rester flou, de ne pas donner de détail, de s’attendre à recevoir de l’argent, si ce n’est pour ce que nous allons en faire. La recherche de financements revient donc a essayer de faire financer un projet avec des objectifs quantifiables et un budget précis.

La recherche de financements se déroule donc en 6 étapes.
La première est de savoir ce que l’on veut faire et de combien d’argent on a besoin pour le réaliser. La personne en charge de la recherche de financements doit donc demander aux responsables de l’œuvre sociale de déterminer leurs besoins, par exemple construire un nouveau bâtiment. Puis déterminer le coût total de l’action
La seconde étape consiste à trouver à la générosité de qui l’on va faire appel. Cette étape est fondamentale. En effet, les bailleurs de leur côté doivent justifier de l’emploi de leurs fonds au près soit de leur propres bailleurs, soit de leur autorité de tutelle pour les bailleurs publics ou bien de leur conseil d’administration pour les fondations privées ou d’entreprise. Ainsi eux aussi on des objectifs à atteindre, des contraintes à respecter et comme nous l’avons dit, des comptes à rendre. Tout ceci fait que généralement, pour mieux pouvoir évaluer la portée des actions qu’ils financent, les bailleurs sont spécialisés, que ce soit fortement en ne choisissant par exemple de ne financer que des projets de lutte contre le VIH/Sida, ou bien faiblement, en finançant des projets à caractère social.
Une fois que l’on a identifié le ou les bailleurs auxquels l’on va s’adresser, il faut désormais rédiger le projet en fonction du canevas type de chacune des organisations, car là encore, pour pouvoir comparer les dossiers de demandes de financements pour évaluer leur portée et in fine sélectionner ceux qui seront financés, il vaut mieux se baser sur un canevas commun. Enfin suivant les interlocuteurs, grandes ou petites institutions, fonds publiques ou privés, et le niveau de détail exigé pour les indicateurs de performance et le budget du projet la construction du dossier doit être adapté à chaque interlocuteur. Ceci permet au chercheur de financements d’éviter les candidatures inutiles, et de maximiser les chances de réussite du dossier. Encore une fois il faut vendre son projet.
La quatrième étape est la négociation avec le bailleur. En effet une fois que l’on a attiré son attention sur notre projet, il reste à se mettre d’accord sur les modalités du financement. Les principaux points sur lesquels il faut se mettre d’accord sont les modalités de versement du financement (en une fois, en plusieurs tranches, avec ou sans tranche versée une fois le projet terminé et les résultats approuvés), les modalités d’emploi du financement et modalités de décaissement (devis à faire valider par le bailleur avant d’engager une dépenses importante entre autres), le calendrier des rapports d’avancement et enfin les modalités de rupture du contrat. Car généralement le financement d’un projet est basé sur un contrat de financement entre le bailleur et l’organisation requérrant les fonds. Bon soyons clairs, en général il n’y a pas trop lieu à négociation, puisque c’est le bailleur qui dicte ses conditions. Mais il reste important de bien comprendre les conditions du financement, pour ne pas se retrouver dans la situation où une dépense ou un résultat aurait été mal justifié et entraîner rupture du contrat donnant lieu à un remboursement par l’organisation des fonds avancés par le bailleur signant ainsi, si ce n’est la faillite de l’organisation, en tout cas la mort du projet.
La cinquième étape est la réalisation à proprement parler du projet, avec pour celui que recherche les financement, le suivi du projet pour s’assurer que tout est bien réalisé dans les règles fixées par le contrat signé précédemment.
La dernière étape consiste à rendre compte au bailleur de l’emploi de ses fonds, du déroulement du projet et de la justification de l’atteinte ou non des objectifs fixés.
En résumé le travail du coopérant en charge de la recherche de financements est d’aider la structure qui l’accueille à trouver les financements pour réaliser ses projets et en suite l’accompagner dans la réalisation de ses projets.
Les sources de financements… Comme je l’ai dit précédemment c’est une question fondamentale pour celui qui fait de la recherche de financements, ne serait-ce que pour ne pas perdre inutilement du temps. Il faut donc connaître les différentes sources de financements.


Il existe deux moyens de trouver de l’argent pour faire fonctionner une œuvre sociale. Le premier est de faire appel à la générosité d’un bailleur, le second est de générer soi même des rentrées d’argent.

Pour moi il existe deux types de bailleurs. Les bailleurs internationaux et les bailleurs présents localement.

Les bailleurs internationaux sont difficiles à atteindre. En effet ce sont souvent de très grandes organisation (Union Européenne, Banque Mondiale, Banque Africaine de développement, etc.). A moins d’avoir un projet de grande envergure, plus ou moins en lien avec les autorités, avec une structure de gestion du projet uniquement dédiée à celui-ci, vous n’entrez pas dans leurs critères. Les projets qu’ils financent sont souvent de plusieurs centaines de milliers, voire de millions d’euros. En claire une œuvre sociale locale n’a quasiment aucune chance d’être retenue. En même temps ce n’est pas étonnant, ils ont des budgets colossaux à gérer et il est plus simple de suivre une dizaine de projets à un million d’euros qu’un millier à 10 000 euros, soit 6,5 millions de Francs CFA. Il reste toutefois de petites organisations basées dans les pays riches, par exemple un Rotary Club, ou une petite fondation privée, qui vont être touchés par votre projet et décider de vous aider. Toutefois il est tellement difficile de les trouver, qu’à mon sens, à moins de les connaître personnellement ou par une relations, essayer de se faire financer uniquement par ce biais est une perte de temps.

Les bailleurs locaux sont de trois types. Les premiers sont les fonds des services de coopération des ambassades des pays développés. Les projets financés peuvent aller de quelques milliers d’euros à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros. Ces services ont comme point fort qu’ils sont généralement présents depuis plusieurs décennies dans le pays et qu’ils connaissent les problématiques du pays, voir de la région d’intervention. Ainsi ils sont plus à même d’évaluer la portée et la pertinence du projet qui leur est présenté, mais aussi le sérieux de la structure qui les sollicite. Enfin leurs critères sont plus généraux quant au type de projets qu’ils peuvent financer.
Le second type de bailleurs locaux sont les ONG présentes sur le territoire. Souvent ce sont des représentations locales de grandes organisations présentes dans plusieurs pays. Ces représentations sont donc en charge de gérer des budgets dédiés au pays pour des actions bien déterminées. On peu citer l’exemple du projet CARE (ONG internationale) de renforcement de la société civile dans la lutte contre le VIH/Sida, financé par le Fond Mondial de lutte contre le Paludisme, la Tuberculose et le VIH/Sida. Là encore l’avantage est qu’elle connaissent le terrain. Toutefois le principal inconvénient de ces organisations est que les projets doivent répondre à des problématiques très spécifiques (i.e. la lutte contre le VIH/Sida dans notre exemple) et que si l’on ne rentre pas exactement dans la case prévue par leur mission, il est impossible d’obtenir un financement. D’autre part beaucoup d’entre elles doivent répondre de leurs décisions au près de leur propre bailleur (i.e. le Fond Mondial dans notre exemple) et que leurs missions sont à durée limitée renouvelables suivant les résultats. Ce qui entraîne des procédures souvent lourdes pour obtenir un financement et pour justifier de son utilisation. D’autre part ces organisations fonctionnent généralement par appel à projet, ce qui veut dire qu’il faut avoir un projet que l’on veut réaliser dans le bon timing par rapport au calendrier de l’organisation.
Enfin il y a les organisation d’état en charge de la gestion d’un certain nombre de budgets et par exemple de la distribution des fonds issus de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Toutefois ici l’action de l’état pour tout ce qui est sociale est quasi inexistante en raison de la faiblesse des moyens et de la désorganisation étatique sans compter les « disparitions » de fonds.

En ce qui concerne la génération des rentrées d’argent locales, appelé projet générateur de revenus dans le jargon de la recherche de financements, il convient là d’étudier l’intérêt économique de la création d’une telle activité comme si l’on envisageait de créer un entreprise, donc de prendre en considération le marché local, les investissements à réaliser et le coût de fonctionnement pour déterminer si l’activité va effectivement représenter un apport économique pour le fonctionnement de l’œuvre sociale. En gros il faut avoir un minimum de fibre entrepreneuriale et in fine, si l’on ne dispose pas des ressources nécessaires pour initier le projet, faire appel à un bailleur. La boucle est donc bouclée. Toutefois le gros avantage de ce type de projet est qu’il va apporter des ressources à l’œuvre sociale de façon régulière, tant que l’activité est bien gérée. Et ce contrairement aux projets financés par les bailleurs qui ont par définition une durée de vie limitée de quelques mois à deux ou trois ans.
La chronologie d’une recherche de financements est très variable. En effet suivant que l’on s’adresse à un bailleur qui ne statuera sur la sélection des projets à financer qu’une fois par an ou bien plusieurs fois par an. La constitution du dossier peut donc ne rependre que quelques semaines, mais si après le dépôt du dossier l’organisation ne statue que 8 mois après, le délai est de facto fortement allongé. En suite si l’on ne prend connaissance d’un appel d’offre qu’au dernier moment, la phase de constitution du dossier sera fortement réduite. Après un an en poste et d’après les retours que j’ai eu d’autres acteur impliqués dans le financement du développement le processus prend entre 3-4 mois dans le meilleur des cas et une année. Toutefois j’ai cru comprendre que la durée moyenne était de 8 mois.


Ceci m’amène à la principale frustration d’un coopérant en charge de la recherche de financements est qu’il n’y a absolument aucune garantie de réussite dans la recherche de financements. En effet il m’a fallu 4 mois avant de comprendre d’une part l’activité de la fondation et des différents projets que nous pouvons mener, mais surtout du fonctionnement et des différents acteurs du financement du développement. Une fois que l’on comprend le paysage et notre position dans celui-ci, le choses se gâtent sérieusement. En effet je trouve le monde du développement extrêmement cynique. Je m’explique. Financer du développement est presque toujours une question d’intérêts personnels passants avant le bien-être des bénéficiaires. Si l’on prend l’exemple des fonds sociaux des ambassades. Le seul objectif de l’ambassade est de montrer à quel point l’argent du contribuable a bien été dépensé. Mais il est difficile de communiquer sur le fait que l’on a aidé au fonctionnement d’un centre de santé pendant un an. Ce n’est pas assez percutant, pas assez « vendeur ». Alors que de montrer les photos d’un bâtiment ou d’une école flambant neuve avec une belle plaque mentionnant le généreux donateur et avec en prime un photo de l’équipe devant le dit bâtiment au moment de l’inauguration, ça c’est du concret, ça c’est vendeur. Pour ce qui est des représentations locales des ONG ou des organisations internationales le personnel est local. Le développement est donc son gagne pain et plus que cela, comme il travaille pour une organisation disposant de moyens importants, le salaire est important, le 4x4 est flambant neuf, en un mot la situation sociale de la personne y travaillant à fait un bond et son seul objectif est au minimum de se maintenir en place si ce n’est de monter. Ce qui fait que ces personnes regardent les gens travaillant sur le terrain de haut. De très haut. Surtout leurs compatriotes qui ont tous les jours les mains dans le cambouis pour faire avancer les choses à leur petite échelle, alors qu’on est tellement plus important quand on est bien payé pour distribuer les millions de quelqu’un d’autre. Ce qui fait aussi qu’ils ne font preuve d’aucune flexibilité quand aux projets a soutenir, mais se contentes d’appliquer les consignes de la hiérarchie. On peut prendre entre autres l’exemple d’une organisation des nations unies me répondant gentiment que comme notre activité était transversale, à cheval sur l’enfance, l’éducation, les jeunes et les handicapés, nous ne rentrons pas dans uns case, donc ils ne savent pas bien à qui ils pourraient biens nous dire de nous adresser, puisqu’il faudrait que toutes les branches de l’organisation travaillent ensemble pour évaluer notre projet. Enfin pour ce qui est des ONG ayant un bailleur au dessus d’elles auxquelles elles doivent rendre compte avec un budget tri annuel reconductible, le principale problème est que les employés, qui comme je l’ai décrit précédemment vivent très bien grâce à l’ONG qui les emploient, ne sont embauchés que tant que le financement est assuré par le bailleur. Donc ils se retrouvent à gérer leur emploi de deux façons, soit ils essayent de profiter au maximum de la situation tant qu’elle dure, sans se soucier de la qualité de leur travail (ce qui parfois donne lieu à des détournements d’argent…) soit leur seul objectif est de plaire au bailleur pour que celui-ci renouvelle son financement, donc leur but n’est pas d’aider au mieux les bénéficiaires, mais de faire en sorte que le bailleur soit satisfait.
Enfin la dernière chose qui me choque le plus est à quel point le monde du développement est hypocrite. Il y a de l’argent à ne plus savoir qu’en faire pour les sujets vendeurs (VIH/Sida, Promotion de la Femme, Bonne Gouvernance) par contre pour beaucoup de sujets tout aussi importants, par exemple le handicap, ou le fonctionnement des centres de santé, il n’y a quasiment rien. Enfin on demande aux œuvres sociales d’être quasiment autonomes financièrement, alors que chez nous en Europe, ce sont des activités ultra subventionnées puisque par définition fortement consommatrices de main d’œuvre pour des résultats qui sont économiquement nuls…

Au niveau des joies, je dois dire que le jour ou le premier contrat est signé et qu’il apporte plus que ce que l’on coûte à l’organisation au moins on peut se dire qu’on est pas venu à perte. Je mets bien sur de côté tous les intérêts d’être coopérant pour découvrir une autre culture etc… D’autre part pour moi, comme je suis complètement autonome sur mon poste ou je suis libre de faire la recherche comme je l’entend avec un partenaire s’en remettant complètement à moi sans me mettre de pression, je dois dire que je m’épanouis un maximum en jonglant entre les périodes (souvent 2-3 semaines) de très forte intensité avec celles de creux complet. En un mot ce type de poste est très formateur d’un point de vue de l’autonomie, mais aussi de la confiance à avoir de la part de son partenaire pour un travail pour lequel les résultats peuvent se faire attendre, voir ne jamais venir.
Enfin ce type de poste peu être assez frustrant pour un volontaire DCC, car sur une durée de deux ans, on ne peut pas aller très loin en termes de recherche de financements pure, en raison du délai important pour maîtriser son environnement auquel il faut ajouter le délai relativement long de gestion des dossiers par les bailleurs. C’est pourquoi il me semble important d’avoir un certain nombre de petits projets ou activités annexes qui permettent au volontaire et à moi en particulier de se changer les idées, et de combler les moments de très faible activité.

05 décembre 2006

Le PSG

Cela fait maintenant deux semaines que tout le monde tire à boulets rouges sur le PSG. A en croire les journeaux, la télé et la plus part des commentaires sur les différents blogs, forums et nottament la réaction des abonnés sur le site de "Le Monde", il semblerait que les supporters parisiens soient des fachos. Enfin pas tous, pas par contre que toute la tribune boulogne soit fachiste. Que le Paris Saint-Germain FC est responsable du comportement de ses supporters. Que le jeune mort il y a deux semaines ne mérite pas que ses amis lui rendent hommage car c'est un facho. Que le PSG est la honte de Paris. Que la seule solution est de dissoudre le PSG.
Je commence à en avoir marre d'entendre ce genre de conneries. Attention. Je ne me voile pas la face. Il y a des problèmes de racisme de la part de certaines personnes se rendant au Parc. Alors histoire de mettre mon grain de sel dans la discussion, je vais commenter l'actualité et reprendre chacune de ces attaques.
1/ Le supporters parisiens de boulogne sont des fachos. Alors là je vous arrête tout de suite, non tous les supporters de Boulogne ne sont pas des fachos. Juste un exemple, quand je vais au Parc, je vais à Boulogne. Plus précisément en bleu haut. Et franchement je suis loin d'être facho. Ou alors c'est que en plus je suis vraiment stupide au point de venir pendant deux ans en afrique. Par contre il y a dans le Parc selon les estimations des uns et des autres entre 200 et 300 supporters plus ou moins orientés à l'extrême-droite et qui assez régulièrement se font remarquer par ce qu'ils se fendent de cris de singes et d'autres expressions des plus intelligentes du genre "La France aux Français, la France Bleu Blanc Rouge". Je suis d'accord avec tout le monde ces personnes n'ont rien à faire dans un stade. Mais encore une fois ils ne sont que 200 à 300 sur un stade de 45 500 places.
2/ Le PSG est responsable de ses supporters. Oui, mais uniquement à l'intérieur du stade. Par cotnre le PSG n'est pas responsable de ce que font ses supporters à l'extérieur du stade. Ca c'est le rôle des forces de l'ordre. D'ailleurs je ne vois pas comment le PSG pourrait intervenir. Que quelle base légale. Dans quelle zone? 50m, 100m 200m autour du stade. Des que quelqu'un porte un maillot du PSG et qu'il comment un délit ou un crime on poursuit le PSG pour incitation à la violence ? N'importe quoi. D'autre part, on dit que le PSG n'a pas à le laisser rentrer. Là encore, selon quelle base légale ? Ce n'est pas le PSG qui peut interdire de stade un fauteur de troubles, mais bien les pouvoirs publics. Et quand on dit que le PSG n'a qu'a pas leur vendre de billets, ca s'appelle un refut de vente, et je ne crois pas que cela soit légal non plus, à moins que la justice ait décrété que cette personne ne pouvait pas aller au Parc des Princes. Donc pour résumer, s'il se passe quelque chose dans lenceinte du Parc, c'est de la responsabilité du PSG en dehors, non.
3/ Le jeune mort il y a deux semaines ne mérite pas que ses amis lui rendent hommage car c'est un facho. Alors là il faut qu'on m'explique. Franchement quel que soit ce qu'il ait fait ou allait faire il ne méritait pas de mourrir. Je suis désolé. La peine de mort n'existe plus en France, heureusement. Alors oui, apparemment des personnes se réclamant supporters parisiens (c'est leur droit) voulaient apparemment s'en prendre à un supporter juif de l'équipe de Tel-Aviv (ce qui est intolérable), un policier seul à voulu le proteger (ce qui est tout à son honneur), il était seul (mais bordel qu'est-ce que foutaient les forces de l'ordre un soir de match de coupe d'europe à ne pas être sur la place de la porte de saint cloud ou il y a les seuls bars de coin et ou généralement il y a le plus de grabuge ??????? D'ailleurs pourquoi le matche n'était-il pas classé à haut risque puisque tout le monde semble dire que cela fait des années que l'on sait que le PSG est un club de fachos???) et enfin un jeune est mort (ce qui est tout aussi intolérable que le fait de vouloir lyncher quelqu'un!!!). Donc voila pour moi il reste un jeune qui est mort et que ses potes ont le droit d'honorer.
4/ Le PSG est la honte de Paris. La seule solution est de dissoudre le PSG. C'est le commentaire que j'ai lu sur le site du monde. Un certain Jerôme A. qui réagit à cet article http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-842100,0.html avec le commentaire suivant : "Les Parisiens, qu'ils soient "nés natifs" de la
ville ou d'adoption, volontaire ou non, devraient aller manifester en masse devant l'hôtel de ville pour la dissolution d'un club de "football" (paraît-il) qui déshonore la capitale. Je n'accepte plus, et je ne pense pas être le seul, que le nom de Paris soit associé aux agissements de terroristes de tribunes qui carburent au racisme, au machisme et au fascisme. Finissons-en avec le PSG."
Alors là bravo Mr Jerôme A Franchement, là je vais devenir vulguaire, mais vous faites partie des supers cons vous. Comme dirait Thierry Lhermite dans le dîner de cons, La classe mondiale !!!!! Quand je parlais de ces connards qui ne font que répéter ce que l'on leur dit, sans aucun esprit critique, sans même être jamais allé au Parc, et qui en plus admetent être préoccupé par le seul fait que Paris soit associé à PSG. Ces spectateurs du JT de 20h qui carburent à la démagogie des hommes politiques qui ont sauté sur l'occasion pour se faire de la pub. Bah oui, ça fait plus parler d'attaquer le PSG que de s'attaquer au fond du problème de racisme qui existe en France. Quand on voit que les plus hauts scores du FN sont réalisés dans des zones rurales où il n'y a pas un noir à la ronde, mais ou les JTs de 20h font peur et où la pauvre personne âgée à peur de voir déferler sur la france quelques dizaines de milliers de jeunes de banlieues qui vont tout détruire. Mais on croit rêver !
Ah oui sinon la solution est de fermer une partie de boulogne. Super, effectivement on evitera peut être à faire en sorte qu'une partie des troubles-fêtes ne rentrent pas dans le stade. Mais dans le meilleur des cas on fait quoi, on empêche 2000 personnes de se rendre dans leur tribune. Ce qui fait qu'il y en a au moins 1700 (2000 moins les 300 enfoirés) à qui on refuse le droit d'aller au stade. Je suis désolé mais ce n'est pas ce que j'appele être juste. Enfin d'une rien n'empêche les 300 autres d'acheter une place ailleurs dans le stade... Donc ce n'est pas une solution non plus.
Bon je vais m'arrêter car ce billet est déjà trop long. En résumé, il faut arrêter de s'en prendre uniquement au PSG pour se voiler la face pour le reste (le rôle des pouvoirs publics, notre société qui a ce relent de racisme).
Et puis espérer que sportivement le PSG aille mieux. Par ce que franchement c'est pas glorieux glorieux, mais bon ça c'est une autre histoire...

27 novembre 2006

Entreprendre

Tout en étant assez loin de la France, il n'existe que quelques moyens de se tenir au courrant de ce qui se passe au niveau de l'économie. Je vais donc faire un petit message sur les dirigeants/chefs d'entreprises. En effet, vu d'ici où l'on a principalement accès aux informations de masses (JT de France 2, TF1 et TV5 Monde) et où je n'ai pas trop le temps de consulter les sites des quotidiens ou périodiques économiques, j'ai l'impression que l'images des dirigeants donnée par les médias de masses est franchement très négative. Je m'explique. Finalement 80 voire 90% des reportages sur les dirigeants ou "patrons" comme on les appelle couramment, ne montrent que les voyous. Ceux qui trichent, qui ruinent leurs entreprises et laissent leurs employés sur le carreau. Dernier exemple en date, le patron/propriétaire des verreries Duralex. Résultat, on a l'impression que tout le monde pense que les dirigeants n'ont qu'une idée en tête, s'enrichir sur le dos de leurs salariés (c'est l'expression généralement employée...). Il suffit d'aller faire un tour sur les commentaires du site du Monde après un scandale ou une délocalisation. La cible principale des attaque c'est le patron. Ah non c'est vrai il partage cet (des)honneur avec les actionnaires, les grands méchants qui ne pensent qu'a s'enrichir sans rien faire...
Je commence franchement à être lassé de cette vision donnée par les médias sur l'entreprise. Non, tous les dirigeants ne sont pas malhonnêtes. D'ailleurs si l'on y regarde de plus près les voyous ne sont qu'une infime minorité, mais qui fait beaucoup parler d'elle. Finalement je pourrais faire la raccourci en disant que les fonctionnaires sont tous de fainéants, tout ça par ce qu'il y en a quelques-uns qui ne foutent rien. Alors voilà, à force de matraquer que les patrons sont des méchants, beaucoup de jeunes n'ont qu'un objectif, c'est de rentrer dans la fonction publique où la sécurité de l'emploi est garantie. Où on est a l'abris de ces voyous. Franchement, ça veut dire quoi ? Sans dirigeants et sans actionnaires, il n'y a pas d'entreprises privées. Sans elles il n'y a pas d'emploi. Et comme l'Etat ne peut pas embaucher tout le monde, aussi généreux soit-il, eh bien il y a plus de chômage. La solution? Donner envie aux gens de s'investir, de prendre des risques, d'entreprendre. Attention, entreprendre ça ne veut pas dire créer un empire comme Bill Gates! Entreprendre, c'est ouvrir un restaurant, créer une petite entreprise d'aide aux personnes âgées ou dépendantes. Mille et une petites activités, mille et une petites idées que tout un chacun peut mettre en place. Car ce ne sont pas les multinationales que créent les emplois. Soyons clairs. Je n'ai plus la statistique en tête, mais l'immense majorité des emplois crées chaque année le sont par des PME ou des TPE (Très petites entreprises)!
Alors voilà il faut changer la vision qu'ont les gens des dirigeants, des patrons. À ce sujet, Je voulais signaler une initiative intéressante visant à expliquer ce que c'est qu'entreprendre et ce que sont les entrepreneurs aux élèves, par des témoignages dans les classes.
100000 Entrepreneurs
Tiens pendant que j'y suis sur mon coup de gueule, je voulais aussi parler de la vison des actionnaires qu'ont les gens. Ca me fait quand même bien rire quand on dit que ce sont les actionnaires qui détruisent des emplois. Peut-être que pour certaines entreprises ou certains types d'actionnaires c'est vrai. Mais qu'est-ce qu'on fait de tous les petits actionnaires? Les quelques millions de français qui ont placés une partie de leurs économies en bourse. Eh bien ils sont comme les "gros" actionnaires. Quel intérêt de placer ses économies si elles ne rapportent pas. Et elles ne rapportent que si l'entreprise fait des bénéfices, au quel cas elle reverse des dividendes à ses actionnaires, ou si le cours de l'action grimpe. Oui mais problème, quand on interroge ceux-ci dans les travées du salon Actionaria et qu'on leur demande s'ils sont capitalistes, ils répondent "bien sur que non!"... Ah bon, bah alors si c'est pas ça, c'est quoi le capitalisme? Là je suis perdu. D'autre part, j'en ai marre qu’on tire à boulets rouges sur les actionnaires ou les investisseurs. On nous dit ils veulent faire de l'argent. Bah oui, mais en même temps c'est aux qui prennent tous les risques. En effet un créateur d'entreprise, donc un créateur d'emplois, n'a généralement pas la capacité financière pour créer tout seul son activité. Alors qu'est-ce qu'il fait? Il se tourne vers des investisseurs, qui parient sur le projet du créateur et prennent le risque d'apporter leurs fonds pour que l'entreprises soit effectivement crée. Alors quoi de plus normal qu'il fassent un bénéfice sur leur investissement? Franchement qui placerait son argent en se disant qu'il ne va pas faire de bénéfice? Qui mettrai son argent dans une banque où les comptes ne sont pas rémunérés? Et quand on sait que 9 créations sur 10 font faillite dans les deux premières années. Eh bien les investisseurs prennent des risques. Et leur prise de risque crée des emplois.
Voila c'était juste une petite mise au point pour montrer que tout n'est pas noir ou blanc au niveau de l'économie. Et qu'il faut arrêter de diaboliser ceux qui font de l'argent. Par contre il y a différentes manières de faire. Et personnellement, je pense qu'il est possible d'entreprendre, d'investir, d'être "capitaliste" comme certains disent, mais de façon responsable. Où la redistribution existe. Où l'ont fait aussi profiter à d'autres la chance que l'on a de réussir.

20 novembre 2006

Mise à jour

Bon je sais je n'ai pas été très assidu ces derniers temps sur mon blog et comme il y tout de même eu plus d'une centaine de visites sur ce blog depuis le début du mois , eh bien je mets à jour. J'en profite pour souhaiter un joyeux anniversaire à mes frères Stéphane (22 octobre) et Xavier (3 Novembre), même si je les ai eu au téléphone à cette occasion, non je n'avais pas oublié.

Dames de compagnie...

medium_DSC00148.JPGJe crois en avoir déjà parlé à un moment donné, mais nombreuses sont les dames et demoiselles recherchant la compagnie des hommes blancs pour plus ou moins s'en sortir. Pour preuve le nombre de femmes se connectant sur les sites de rencontres français depuis les cybercafés d'ici dans l'espoir (un peu illusoir) de rencontrer quelqu'un qui les sortira d'ici. Autre information assez, comment dire hallucinante, viens de l'ambassade de France à Yaoundé, enfin pas officiellement, mais toujours est-il qu'il semblerait que 90% des demandes d'authorisations de marriage (il faut avoir une authorisation de l'état français, après enquête, pour qu'un(e) français(e) puisse se marier avec une camerounais(e) afin d'éviter les marriages blancs) au consulat de Yaoundé sont celles de personnes ou le/la français(e) ne réside pas au cameroun, mais vient pendant quelques semaines trouver ou rencontrer pour la première fois son/sa dulciné(e). En gros généralement il s'agit d'un "vieux" blanc avec une jeune camerounaise... Ces dérives accompagnées du "démarchage" des filles dans les hôtels ou déscendent les blancs donnent lieu à des situations un peu cocasses comme ce panneau rencontré à l'entrée d'un hôtel de Graoua...

 

Ma voiture...

... A paris ! Eh oui, je l'avais oublié, mais en repassant mes photos, je suis tombé sur celle là... Le même Suzuki que le mien, mais garé... Avenue Paul Doumer, dans le 16e à Paris, comme quoi ils se foutent pas de moi à la Fondation :)

medium_DSC00038.JPG

 

Nouvelles de la route

medium_Camion.JPGComme je l'avais déjà indiqué lorsque je suis arrivé ici, les routes sont dans un très mauvais état. Bon ça c'était avant la saison des pluies, par ce que là c'est encore pire. La route entre ici et Graoua est une horreur. c'est une des principales routes du pays par laquelle transitent beaucoup de marchandises de et à destination du Tchad et du Nigéria. Résultat ce sont des camions surchargés qui sillonnent une route qui se dégrade à vue d'oeil. Et quand je dis surchargés, c'est pas 20% en plus mais plutôt 2 fois le poids en charge authorisé donc ca déborde de tous les côtés et forcément comme ils essayent de rouler le plus vite possible, eh bien il en a un certain nombre qui finissent dans le bas-côté qui se situe quelques mètres plus bas. Si on ajoute à cela les traditionnelles traversées de troupeaux de boeufs... Je vous laisse apprécier...

medium_Troupeau.JPG

 

Site Internet de la Fondation

Un des projets sur lesquels je suis en train de travailler en ce moment est la création du Site internet de la Fondation. Pourquoi faire un site? Eh bien la réponse est simple, c'est un outil de communication accessible à tous (je dis bien tous qu'il sera normalement accessible aux handicapés). Ca permet d'envoyer lors des demandes de financements une présentation résumée de la Fondation et de renvoyer les bailleurs vers notre site pour qu'ils puissent voir ce que nous faisons en détail. D'autre part cela permettra aux amis, pourquoi pas vous de faire un don à la fondation pour l'aider à fonctioner. Nous donnerons aussi des nouvelles régulières de la vie ici à la Fondation. Le site est d'ailleur en train d'être construit par des étudiants de l'Ecole des Mines de Nantes, merci à eux.

On est encore en train de créer les contenus etc, donc je mettrai un lien des que le site sera fini. 

13 octobre 2006

Maroua vu du ciel

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas fait un tour sur Google Earth pour voir les photos satellites de Maroua. Pour ceux qui avaient réussi à trouver, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en gros c'était tout flou et pris en saison des pluies. En gros tout était verdâtre avec uniquement les grands axes de la ville qui étaient visibles. Bon au moins cela avait le mérite de donner un plan d'ensemble, mais avouons-le ça ne donnait pas une idée très concrète de ce à quoi ressemble la ville de Maroua vu du ciel, comme dirait Yann Arthus Bertrand. Alors voila, les photos ont été mises à jour enfin juste Maroua et quelques kilomètres autour. Malheureusement la zone ou est installée la Fondation Bethléem ne fait pas partie des nouveaux clichés. Et allez savoir pourquoi, Yaoundé, la capitale politique est toujours cachée par une épaisse couche de nuages et Douala la capitale économique ne bénéficie pas de la même résolution que Maroua. Alors voila la vous allez enfin vraiment pouvoir vous rendre compte à quoi cela ressemble vu d'en haut en saison sèche. Eh oui, il n'y a pas une goutte d'eau dans les Mayos (rivières éphémères) et les seuls points d'eau visibles sont les piscines des quelques hôtels de la ville. Et en plus de cela on voit ma maison ! Par contre la cliché date de quelques mois avant que je n'emménage, mais bon au moins pour ceux qui voudraient venir me faire une surprise, eh bien vous savez ou me trouver...

Ma_maison_a_Maroua.kmz

Bon pour ceux qui n'arrivent pas à utiliser le fichier, voici les coordonnées :

Latitude  10°36'7.71"N

Longitude  14°18'26.75"E 

02 octobre 2006

Retour au Cameroun

Après un bon mois de vacances bien méritées en France avec le mariage de Damien et Julie et la venue de Martin, je suis de retour au Cameroun depuis le 16 septembre. J'ai passé une semaine à Yaoundé pour faire le plus de contacts possibles autour de l'aquaculture et de la pisciculture. Il y avait donc au programme, rendez-vous avec le directeur des pèches du Ministère des Pèches et des Industries Animales (MINEPIA), passage au sièges des Peace Corps (coopération US) et rendez-vous à la FAO pour rechercher un certain nombre de manuels sur le sujet.
Je suis (enfin) rentré à Maroua lundi 25 en avion en partant de Yaoundé à 5h45 du matin. Après une escale de quelques heures à Douala, je suis arrivé à Garoua à 10h20 et j'ai pu remonter à Maroua avec la delegation de la ministre des affaires sociales, qui venait poser la première pierre pour le nouveau centre de rééducation pour les handicapés de maroua ce mardi. Enfin aujourd'hui mercredi, elle est venue visiter la fondation, qui, je dois le dire l'a visiblement impressionnée. Les photos seront en ligne bientôt car j'ai eu un petit problème de disque dur et je ne suis pas encore sur de pouvoir les récupérer... Comme on dit ici, vous les verrez s'il plaît à Dieu.

03 août 2006

Bienvenue

Je souhaite la bienvenue parmis nous à mon neuveu Martin né le 28 juillet à Paris. L'enfant et la mère se portent bien comme le dit la formule d'usage. Désolé, je n'ai ni le poids ni la taille et les photos que j'ai reçues de lui ont été prises deux heures après l'accouchement et ne l'aisseraient en aucun cas imagine quel beau gosse il sera. En gros un bébé qui vient de naître c'est tout frippé et tout rouge.
Par contre il ne reste que 8 jours avant que je puisse le voir. Bientôt les vacances à Paris.

13 juillet 2006

Vacances

Certains sont déjà au courant, d'autes pas alors c'est le meilleur moyen de mettre tout le monde au courant. Je serai en France pour mes vacances du 11 Aout au 7 septembre. Eh oui il faut bien faire une petit pause surtout si de l'autre côté de la Méditerrané les gens ont tout regroupé en un mois. En effet le programme est dors est déjà chargé puisque je vais découvrir mon neuveu, assister au mariage de ma cousine Anne-Laure, puis à celui de mon frère Damien avec celle que je ne vais pas tarder à appeler "ma belle soeur" juste pour l'emmerder, à savoir Julie!
Donc pour ceux qui souhaitement absolument me voir, prenez un tiquet ou faites une réservation par mail :)

Football et racisme

Ahh le foot...
Je crois me rappeler que j'ai déjà fait une note à ce sujet à l'occasion de la Champions League. Bon là honnêtement je suis plutôt content que la coupe du monde soit enfin finie. Par ce que là je commençais à friser l'overdose. En effet ici il y a toujours une bonne raison pour regarder un match. En effet soit il y a une des équipes favorites qui joue (Brésil, Argentine, Italie, Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Pays Bas, etc...), soit il y a une équipe africaine qui joue (Angola, Tunisie, Côte d'Ivoire, Ghana, Togo), soit eh bien c'est la coupe du monde alors autant découvrir des équipes qu'on ne voit pas souvent jouer etc... Résultat ca fait entre un et deux match par jour ajoutez à cela que comme on regarde les matchs dans des bars, eh bien on consomme, résultat le rythme est impossible à tenir. En plus cela se termine mal. Je ne dis pas ça par ce que je suis français. Mais honnêtement et à froid, le coup de tête n'a pas sa place sur un terrain de foot. En plus vous auriez vu la tête, enfin non le visage des gens ici lorsque "la maestro", "le professeur", "la magicien" ou tout autre nom qu'on lui donne, nous a effectué une des plus belles révérences que j'ai vues depuis Fabrice Luccini dans Ridicule, sauf que là il y avait un "malheureux" italien nommé Materazzi sur la trajectoire de sa tête... Eh bien c'est comme si le monde s'effondrait. Non je ne rigole pas. Zidane, Zizou, ZZ c'était l'immage même de celui qui est un dieu... qui met un coup de boule. Je crois avoir été un des seuls à mêtre ennervé contre lui, ah non il y avait aussi Thierry un autre français. Tous les autres quasiment sans exception insultaient copieusement l'autre idiot de Materazzi !
Bon évidemment il y avait aussi les anti-français qui jubilaient que l'équipe des "sans papiers" ait perdue. C'est normal en même temps il n'y a que des africains dans cette équipe. Et vu tout le mal que la France a fait à l'afrique, elle ne devrait pas avoir le droit de jouer et gagner avec tous ces africains (tous les noirs sont considérés comme africains, même les antillais)! Tout ceci ne vient bien sur pas de moi mais de commentaires de quelques camerounais entendus pedant les différents matchs de l'équipe de france. Et là le dialogue est impossible. Impossible d'expliquer que Thuram, Henry et Malouda sont antillais et donc français et ce depuis bien avant que le Cameroun ne soit même crée. Et que sur l'esclavage, même si c'était impardonnable et que beaucoup de monde regrette ce qui s'est passé, ils feraient mieux de ne pas oublier que l'esclavage des noirs par les arabes a eu une ampleur beaucoup plus importante et que ce ne sont pas les blanc qui sont allé chasser les noirs dans la brousse, mais bien leurs "frères" de la côte qui vendaient leurs "frères" de l'intéreur des terres. En gros il faut éviter la discussion puisque de toute façon les interlocutuers sont saouls et qu'ils veulent juste déverser leur trop plein de haine sur le premier blanc venu...
Donc voilà la coupe du monde est finie, perdue par la France, gagnée par l'Italie (d'ailleurs bravo aux joureurs à l'exception de l'autre idiot) et de toute façon la folie va reprendre dès les éliminatoirs des Chapionnats d'Europe 2008 contre qui déjà ? Ah oui l'italie... et le retour de la Champions League...
Poiur terminer sur une note plus drôle, je peux vous dire que j'ai bien senti en arrivant à la Fondation Lundi qu'il y avait beaucoup d'italiens et je me suis bien fait chambrer, en même temps si c'est nous qui avions gagné, j'aurai fait le même chose, alors soyons sports et acceptons la défaite avec le sourir. Et rappelons nous que ce n'est qu'un jeu.
Ah oui et le dernier pronistique pour la Coupe de Monde en 2010 en Afrique du Sud est que de toute façon cela ne sert à rien pour la France de se qualifier, puisque la Coupe est dors est déjà pour les Lions Indomptables (les camerounais pour les incultes du foot...)

16 juin 2006

Premiers financements

Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, j'ai enfin décroché mes premiers financements. Bon il ne faut pas non plus s'enflamer, vu que ce ne sont que des accords oraux, mais normalement nous devrions obtenir 3 millions de Francs CFA (4 500 €) de la part de Hope for African Children Initiative pour l'alimentation, la scolarité et les soins pour les enfants de la fondation. D'autre part un projet de recensement des enfants vulnérables de l'arrondissement ou est situé la fondation devrait être financé à hauteur de 7,6 millions de Francs CFA (11 600 €) par CARE. Merci à eux.